TOUCHER LE SOMMET 2014

UNE EXPÉRIENCE CONSTRUCTIVE POUR GABRIEL

Auteur : Reine Côté
Photo : Yves Déry

 

Après quelques années agitées, Gabriel Descôteaux, un Eustachois de 19 ans qui avait abandonné ses études cinq ans auparavant, envisage enfin l’avenir avec espoir. Le 31 mai dernier, il a franchi le mont Orford dans le cadre du projet Toucher le sommet, une expérience qu’il considère inoubliable et qui a transformé sa vision de la vie.

Gabriel faisait partie des 60 jeunes sélectionnés par l’organisme Persévérons ensemble pour participer à son grand projet d’escalade d’une montagne. Son profil correspondait en tout point à la clientèle visée: jeune décrocheur, problèmes de consommation en voie de rétablissement et une volonté de se donner une réelle chance dans la vie.

L’automne dernier, Gabriel s’est inscrit à un programme de réinsertion au Centre jeunesse, qui prévoit un retour aux études, puis l’intégration au marché du travail. Il vient de terminer son troisième secondaire et, à l’automne, ce sera le cinquième secondaire, puis l’apprentissage d’un métier, probablement celui de préposé aux bénéficiaires. «Je veux faire quelque chose de ma vie. J’ai compris que si je n’allais pas à l’école, je n’allais rien faire», confie‑t‑il en entrevue.

Cette réflexion est le fruit des encouragements constants de ses intervenantes Marie-Ève et Nadia, ainsi que de ses deux mois de préparation et d’entraînement couronnés par l’ascension du mont Orford qui l’ont fortement motivé. Il a compris que la persévérance est la clé de la réussite.

Jadis nageur de compétition, on lui a confié l’entraînement de la gang de Jeunes en action participant à l’expédition. Une marque de confiance qui a touché le jeune homme sensible. «Les intervenantes étaient fières de moi et m’ont dit: “Nous ne l’aurions jamais fait si tu n’avais pas été là.” » J’avais assuré à mon intervenante que j’y serais à tous les jours, et ça, c’était un défi. Mon but, c’était l’équipe. Je me disais: je vais arriver en haut avec ma gang», raconte‑t‑il.

Pourtant, elle n’a pas été facile cette expédition. «La montée, c’est trois heures de marche. Y a pas de sentiers, juste des roches et tu sors de là tout bouetté. C’est tellement dur que t’as juste envie de dire « fuck off », mais c’est tellement impressionnant le sommet. On est en plein milieu de la nature, c’est magique. Je suis monté et je suis redescendu pour aider les autres qui rushaient», se souvient Gabriel.

Les jeunes participants étaient cependant bien supportés. Durant deux mois, Francis Charron, membre du conseil d’administration de Persévérons ensemble, les a préparés en vue de cet effort collectif, étape par étape, désireux de leur inculquer l’importance de la persévérance dans l’effort. «Il prenait bien soin de nous et ça faisait du bien», de souligner d’ailleurs Gabriel.

«Je vais probablement m’en rappeler toute ma vie de ce projet‑là. Avec mon ami Dave, on l’a monté ensemble, on s’en parle à chaque fois qu’on se voit», dit‑il.

Gabriel a tellement aimé son expérience qu’il prévoit de monter la montagne à nouveau l’an prochain, aux côtés de la prochaine équipe de jeunes: «C’est un projet qui fait avancer dans la vie. J’avais le goût de brailler de voir autant de gens avoir confiance en nous.»

«Avant, j’avais beaucoup de misère avec les projets à long terme: je suis un sprinter. Mais si tu te fixes des mini-objectifs, tu obtiens des réussites à chaque étape», affirme‑t‑il en guise de conclusion.

 

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